Mur blanc

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lundi 30 juillet 2007

Aléatoire

Recette :

Prenez une liste de questions. Prenez une liste de musiques. Toutes celles que vous avez en stock. Remuez. Répondez à chaque question par le titre de la chanson en cours. Commentez.

Avertissements : j'ai l'intégrale de Brassens et celle de Ferré (période Barclay plus quelques autres) ; d'où la fréquence de ces deux chanteurs. Quand j'ai mis longtemps à traiter une question, j'ai précisé en interlude la chanson intermédiaire.

Pour les réclamations, adressez-vous à Krazy Kitty.

Lire la suite...

mardi 5 juin 2007

Inventaire des oraux

Pendant ces deux jours d'oraux pour l'ENS Cachan :

  • je me suis levé avec le soleil
  • je me suis fait beau[1]
  • je suis parti en avance
  • je suis arrivé en avance
  • j'ai pris la place d'un candidat absent[2], réduisant l'angoissante attente d'une heure...
  • ... et de même le lendemain, gagnant 90 minutes de plus
  • je me suis bien sorti de mon oral d'anglais[3], un texte sur l'utilisation de robots pour faire la guerre
  • j'ai constaté l'absence d'un second candidat[4]
  • j'ai mangé au RU de Cachan pour 2€75
  • je me suis entendu dire, après mon oral d'informatique B : c'est bien, le sujet était difficile, vous aurez une note plutôt bonne[5]
  • je suis parti encore plus tôt
  • j'ai pris un RER affiché comme omnibus...
  • ... et me suis rendu compte que c'était un express
  • j'ai pris un second RER, revenant sur mes pas, pour ne perdre que deux minutes au total
  • je suis donc quand même arrivé en avance
  • j'ai rencontré un professeur qui a répété toute l'année à sa classe (prépa à l'ENS Cachan en droit) : vous êtes la pire classe que j'ai jamais eue
  • j'ai appris que 25 élèves de la-dite classe (sur 40) sont admissibles, pour 17 places au concours
  • j'ai passé avec plaisir mon entretien, réussissant à mentionner Bachelard au passage[6]
  • j'ai déjeuné dans un restaurant marocain, désert mais au serveur adorable (pour 14€)
  • j'ai planché sur des questions d'algorithmique, incluant de la programmation dynamique
  • j'ai regretté d'avoir révisé la logique et les graphes plutôt que l'algorithmique
  • je n'ai même pas eu le temps d'aborder les questions de NP-complétude
  • je n'ose pas imaginer ma note en informatique A[7]
  • je suis rentré chez moi, heureux de ce que ce concours m'a permis d'apprendre, des gens qu'il m'a fait rencontrer, du projet qu'il m'a permis de forger

Un seul regret : je n'ai pas vu un seul raton-laveur.

Notes

[1] Pour me planter avec classe.

[2] Plus que 10.

[3] Espérance de note : 13 (pour impressionner tu-sais-qui qui s'attend à ce que j'ai 12).

[4] Plus que 9.

[5] J'interprète ça comme un 12.

[6] Espérance de note : 16 (je n'ose écrire 18).

[7] En fait, si : entre 6 et 8.

dimanche 13 mai 2007

Résistance des structures, récupération de chaleur et paraboloïde hyperbolique

Aujourd'hui, dans un parc de ma ville, des animations en plein air était organisées par des associations, sur le thème des arts. Notamment, sous des barnums, avait lieu un cours de modelage, auquel prenait part mon amoureuse. Si le terme barnum vous est inconnu, il s'agit de ces toits en toile montés sur quatre pieds, destinés à protéger du soleil et de la pluie.

Barnum

L'an dernier, il avait plu. Celle-ci, c'est le vent qui était au rendez-vous. Et je ne vous parle pas d'une petite brise. Plutôt du genre de vent à arracher les tentes mal fixées au sol. Et les pieds des barnums avaient beau être solidement fixés au sol, ils n'ont pas tardé à commencer à se soulever dangereusement.

Pied barnum

Ni une ni deux, le conseiller municipal, les policiers municipaux et moi-même (entre autres citoyens de bonne volonté) retenons de notre mieux les pieds des-dits abris pour les empêcher de s'envoler. Fatale erreur. Nous conseillons heureusement dans le même temps aux gens de s'éloigner.

Sachez que l'intérieur d'un barnum est constitué d'une armature de soutien, qui comporte notamment des jonctions de ce type :

Jonction barnum

En maintenant les pieds au sol, nous avons créé une contrainte sur la structure. Le vent appliquant une force constante (voire croissante), et les tensions n'ayant plus la possibilité de s'exercer par le bas (parce que, quand même, faut pas déconner, on a de la force), elles se sont reportées sur les jonctions en question. Vous avez deviné la suite : les jonctions cèdent et les barnums s'effondrent littéralement sur eux-mêmes. Heureusement qu'il ne restait personne en dessous (enfin presque - il y a des gens qui ne comprennent pas quand on leur dit de s'en aller...). Plus de peur que de mal, sauf pour le policier municipal qui s'est blessé à l'épaule. Rassuré de retrouver mon amoureuse saine et sauve, je compte les morts et participe au rapatriement.

Après ces péripéties, les membres de l'association ont eu la sage idée de se replier vers des locaux en dur. Où j'ai pu m'exercer au modelage. Je dois avouer que j'étais plus que réticent. Mais à force de me faire prier, j'ai fini par me laisser tenter[1]. Indécrottable matheux, je me suis fendu d'un paraboloïde hyperbolique ; et, franchement, c'est hyper-dur à modeler, même quand on connaît l'aspect des sections par les différents plans ainsi que les droites et les hyperboles génératrices[2]. Il n'est pas terminé, mais je mettrai une photo en ligne quand ce sera le cas, promis. En attendant, pour vous donner une idée, c'est censé ressembler à ça :

Paraboloide hyperbolique

Une selle de cheval en gros... Enfin, ne vous attendez pas à des miracles, c'est un peu comme quand un gamin dessine sa mère, le résultat n'a en général qu'un vague rapport avec l'original. C'est l'intention qui compte...

De retour chez moi, je passe dans le salon, devant cette ignominie qu'est la Freebox TV[3]. Ignominie ? Pourquoi donc ? Parce que cette saloperie, même en veille, dégage une chaleur folle, ce qui laisse rêveur quant à sa consommation (inutile) de courant électrique. D'ailleurs, je dis même en veille, mais c'est forcément en veille, puisqu'il n'est pas possible de l'éteindre : le boîtier est allumé ou en veille, rien d'autre[4].

Mais aujourd'hui, changement radical : quelqu'un a trouvé un moyen de rentabiliser cette énergie perdue. Dans un éclair de génie qui lui fait honneur, d'autant plus qu'il tranche avec l'ordinaire, mon chat a élu domicile sur la petite boîte, se faufilant pour cela à l'intérieur du meuble qui la contient. Pas de photo à vous montrer, mais dès qu'elle recommence, je saisis mon appareil pour immortaliser cet instant magique où la Nature tente, tant bien que mal, de compenser les outrages que l'Homme lui inflige.

Notes

[1] Ce qu'on ne ferait pas par amour, quand même...

[2] Si tu n'as pas compris cette phrase, saute-la allègrement, mais avec dignité quand même, et poursuis ta lecture.

[3] Une machine qui permet de regarder la télé avec tout plein de chaînes gratuites, merci qui ? merci Free (quand ça fonctionne, du moins)...

[4] Elle partage cette sympathique caractéristique avec la télé de mon oncle ; la solution serait de débrancher la prise quand on ne s'en sert pas, mais c'est pénible et ça entraîne la perte des réglages.

jeudi 19 avril 2007

Rater une photo

Elle était là. Sous la statue de Danton, métro Odéon. Elle était là, le soleil dans les cheveux, l'ombre du feuillage jouant sur son visage. Elle était là, avec son pantalon vert, ses vêtements légers. Elle était là à attendre une amie. Elle était là à lire En attendant Godot, dans cette petite édition à la couverture blanche, sobre, où le titre se détache idéalement. Elle était là, et j'avais mon appareil photo.

J'ai eu peur, je me suis détourné. Peur de déranger, de paraître voyeur, dragueur, que sais-je encore. Peur alors qu'il n'y avait là qu'un instant fugitif à saisir sans hésiter. Peur alors que déjà, mon esprit composait la prise de vue idéale, le moment magique. Les gens passant autour d'elle, elle lisant, en attendant, en attendant Godot. Cadrage vertical, focale 1,8 au 1/2000ème. C'était évident, limpide, magique... et je n'ai pas osé. Je me suis détourné pour prendre en photo cet abruti de vélo, accroché à la grille du métro. Abruti de vélo qui ne pouvait pas bouger. Le temps que je me décide, que je me retourne vers elle, son amie était là. Le livre refermé.

Je repense à une après-midi de septembre, dans les jardins du Luxembourg. Je repense à un couple en sursis qui lisait le règlement. Je repense à une photographe qui les dérangea à peine, juste pour leur demander le droit de les photographier. Je repense et m'interroge : faut-il capter le moment, sans rien dire, au risque d'être vu et que l'harmonie se brise ? Faut-il au contraire prévenir, demander, et tenter de recomposer, dans une pose nécessairement figée, la souplesse de l'instant qui nous a tant ému.

Je me demande comment faisait Doisneau. En prenant le métro, j'ai dans la tête une superbe photo... qui n'existera jamais.

mercredi 11 avril 2007

Français

L'épreuve de français (et culture générale) qui clôturait le concours d'entrée en troisième année à l'ENS de Cachan (section informatique en ce qui me concerne, pour ceux qui débarquent) s'est plutôt bien déroulée.

Le texte à résumer était extrait d'une folle solitude, d'Olivier Rey (Seuil, 2006) et causait du paradoxe des sciences de l'éducation, qui tentent de rationaliser un domaine (l'éducation, suivez un peu !) où seul l'empirisme peut être de mise. En effet, elles voudraient éliminer l'autorité, considérée comme bridant la liberté de l'enfant, mais elles se fondent pour se faire sur une science du comportement qui prétend connaître l'enfant parfaitement, et donc le transforment en un objet aux réactions déterministes, privé de toute liberté. Là est le paradoxe. Après, il s'enflamme un peu sur la méthode globale de lecture, et il conclue en disant : les enfants sont plus intelligents que les réformateurs et ils se débrouilleront toujours pour apprendre malgré les méthodes débiles qu'on voudrait leur inculquer.

Non, ce n'est pas exactement ce que j'ai écris dans mon résumé (qui était un peu plus long, 198 mots pour être exact) ; en fait, il n'était pas aussi bien, mais c'est souvent le cas quand on veut trop bien faire.

Je me suis fait plaisir sur la dissertation. J'ai choisi la seconde citation[1] :

Mais le respect de la liberté de l'enfant, ainsi entendu [au sens d'une suppression de l'autorité], conduit à traiter celui-ci en objet scientifique, la personne sitôt reconnue est transformée en personne manipulée, cernée par une connaissance objective.

Et j'ai fait un plan trop mignon en deux parties, où j'ai ramené mes potes Foucault[2] et Orwell, ainsi que quelques éléments de la vraie vie (des journaux, des paroles de présidentiables...) et un peu d'histoire (le Tibet, la Résistance française à l'occupation allemande...). Vous avez du mal à voir le lien, j'imagine, mais j'ai parlé de l'exercice de la liberté pour résister contrôle du panoptisme et c'était jouissif. Sans oublier les gens qui aiment se faire dominer, parce qu'ils ont la trouille d'assumer leurs décisions. Oui, j'ai vraiment parlé de tout ça.

J'espère entre 12 et 14. Peut-être plus mais je ne crois sincèrement pas que mon résumé soit assez bon pour me bercer d'illusions.

Enfin, rappelons que cette épreuve ne sera corrigée que si je suis admissible (je vous renvoie à ce sujet au billet précédent).

Notes

[1] La première était : La liberté de l'autre suppose qu'il garde toujours une part opaque.

[2] Michel, hein, pas Jean-Pierre...

Informatique II

La personne ayant trouvé un ensemble semilinéaire Presburger-définissable accompagné d'une suite croissante stationnaire d'ensembles clos par le haut de X[1] est priée de les rapporter à l'accueil. Merci.

J'aurai 4/20. Ce qui rendra l'admissibilité possible de justesse (j'espère) mais l'admission franchement douteuse.

Et pour ceux qui se permettraient de douter de mes dons de prescience, je rappelle que ma dernière prédiction en la matière s'est avérée rigoureusement exacte.

Notes

[1] X étant muni d'un préordre, sinon ce n'est pas drôle.

mardi 10 avril 2007

Informatique I

Aujourd'hui, premier sujet d'informatique de l'ENS Cachan, en 5 heures.

Le thème :

Ce problème aborde des questions d'algorithmique autour du problème de la recherche d'un chemin de poids donné. (...) La partie 1 considère le cas simple des graphes [à poids] positifs. Les parties 2 et 3 explorent deux approches différentes pour des graphes généraux et sont complètement indépendantes.

3 parties donc, la première facile (tout fait sans trop de difficultés), les deux autres plus ardues.

J'ai traité environ la moitié du sujet proprement, et un sixième moins précisément (plusieurs questions à moitié faites et une autre dont l'argument que j'ai utilisé me laisse perplexe). Le tiers restant a été sagement marqué (non traité), histoire de bien signaler à mon correcteur que, non, ce n'est pas un oubli, juste une incapacité ou un manque de temps de ma part.

Il est toujours extrêmement difficile de se juger soi-même et d'anticiper la manière dont les copies seront corrigées mais 12/20 me semble un espoir raisonnable. De toute façon, peu importe la note, c'est le classement qui fera la différence. Les paris sont ouverts.

Merci à Nathalie pour son large sourire qui a répondu au mien durant cette épreuve. Pour les autres remerciements, prière d'attendre les résultats finaux. Et puis la plupart des autres savent combien ils m'ont aidé, ils n'ont pas besoin de ce genre de déclaration publique (mais je ne me priverai pas si je suis admis, soyez-en certain).

On continue demain matin avec la seconde épreuve d'informatique (5 heures aussi) et le français (3 heures, ça devrait aller, je suis bien entraîné). Je ne stresse plus, je vais même plutôt bien.

dimanche 8 avril 2007

Bribes dans le métro

Croiser deux personnes dans le métro. L'un arbore sur son t-shirt un large logo Firefox. Entendre l'autre lui dire : c'est ça que fait Ubuntu. Les regarder s'éloigner, sans discerner un mot de plus.

Se poser la question : mais que fait Ubuntu ?

vendredi 23 mars 2007

Vague à lame de fond

Aujourd'hui, j'ai été heureux. Heureux d'avoir terminé un petit logiciel d'intelligence artificielle sympa en Caml (disponible sur ma page perso à l'école - ne faites pas attention au bazar, c'est un dépotoir). Heureux de discuter quelques instants avec des amis, de croiser dans le métro une enseignante que j'ai eue au collège. Heureux de pouvoir imprimer ma convocation pour l'écrit de Cachan. Heureux de parler d'égal à égal avec des gens que je considère comme modèles. Heureux de chanter dans les rues.

Aujourd'hui, j'ai été triste. Triste de ne pas avoir plus de temps pour discuter avec ceux que j'apprécie. Triste de les voir partir - heureux qu'ils reviennent sans prévenir, parfois, mais plus triste encore qu'ils repartent. Triste de rêves impossibles qu'on ne trouve pas comment réaliser.

Aujourd'hui, j'ai été en colère. En colère contre le webmaster du site Interens qui aurait bien besoin de mettre cette image en fond d'écran pour lui rappeler les bonnes manières[1]. En colère contre la bêtise du monde, et son injustice.

Aujourd'hui... Aujourd'hui, autant vous l'avouer, j'ai commencé à stresser.

Notes

[1] Non, je ne vous dirai pas ce qu'il a fait, je vais encore m'énerver. Disons que ça se résume à un site Internet Explorer only.

samedi 17 mars 2007

Patch

Il y en a qui publient dans des revues scientifiques. Il y en a qui gagnent des jeux-concours. Il y en a qui réussissent leurs TP de réseau. Il y en a même qui arrêtent de fumer.

Chacun sa petite gloire personnelle. Moi, je viens de créer mon premier patch pour un projet libre. Ça marche, ça compile, je l'ai fait tout seul avec mes petites mimines. C'est beau, c'est fonctionnel, c'est magique. Et puis darcs est un vrai bonheur à utiliser.

Promis, je vous préviens quand il entre dans le répertoire officiel.

Mise à jour : C'est fait ! Et en plus, c'est utile (on peut à présent compiler le serveur en mode natif, grâce au travail d'Alain Frisch, ce qui nécessite la dernière version d'Ocaml, que mon patch permet d'utiliser - la boucle est bouclée).

Sat Mar 17 17:00:34 CET 2007 balat at pps.jussieu.fr
* Native code version
It is now possible to build Ocsigen in native code
IMPORTANT WARNING: You need a modified version of ocaml for now to use that!
(natdynlink branch in OCaml CVS, by Alain Frisch)

Wed Mar 14 18:34:37 CET 2007 Gabriel Kerneis <gabriel@XXX.info>
* Support for Ocaml 3.10 (EXPERIMENTAL)

Précision à l'intention des lecteurs perdus : ça veut dire que j'ai contribué à améliorer un logiciel, en l'occurrence le serveur web Ocsigen en lui ajoutant la possibilité d'être compilé avec la dernière version d'Ocaml (3.10 beta).

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