Être excédé par un enfant toute la matinée. En avoir vraiment assez. Le reprendre sans cesse, en vain.
Puis parler avec lui, un peu plus tard. L'entendre expliquer très rationnellement pourquoi "Gabriel" est méchant avec lui, admettre ses propres torts.
Réaliser ensuite qu'il croit que je m'appelle « Monsieur». Qu'il ne me reconnait pas comme ce Gabriel avec qui il était ce matin. Que celui que je fus est pour lui différent au point qu'il cherche dans l'espace (de la cour) à me retrouver tel que j'étais dans un autre temps, si proche pour moi, si loin pour lui.
L'enfant comme moyen de se voir comme un autre.

"Note : des psychiatres m'ont aimablement signalé la possibilité que l'enfant en question soit psychotique. Ceci n'enlève évidemment rien à la force subjective de l'expérience."