En première partie, les demi-frères, spectacle d'un duo de comiques (prétendument) québecois, le Poch'Music-hall. Ils alternent sketches jouant sur leur origine transatlantique, avec un accent impeccable, et parodies de chansons, drôles ou émouvantes, d'une réelle qualité musicale, accompagnées au piano. Un moment de plaisir terminé en beauté par l'improvisation au pied levé d'une (parodie de) comédie musicale sur des mots fournis par le public. Ce soir, ce furent éléphant, dinosaure, coton-tige et champignon... À noter que cette première partie est subventionnée par l'Adami, organisme financé par la taxe sur la copie privée. Preuve que l'argent ainsi perçu ne va pas qu'aux majors.

Duel, spectacle comique musical mettant en scène un violoncelliste et un pianiste, partenaires rivaux, m'évoque cinq mots : émotion, inventivité, technique, humour et frustration.

  • Émotion : de la belle musique, interprétée avec sensibilité, notamment un bis absolument sublime.
  • Inventivité : des personnages et des situations incroyables, campés avec conviction.
  • Technique : des moments de pure bravoure, où les compères jouent menotés l'un à l'autre, s'échangent les instruments, ajoutent un didjéridou, se contorsionnent, ou encore jouent suspendus en l'air.
  • Humour : j'ai peu ri, pour ma part, mais beaucoup souri. Un passage proprement hilarant toutefois : le piano qui nécessite une carte de crédit pour jouer. On se croyait dans une cabine photovision, mais là la voix disait Bienvenue à Musique-mon-amie, veuillez insérer votre carte de crédit. Il ne manquait que vous n'avez pas les droits pour interpréter ce morceau pour que la scène fût parfaite.
  • Frustration : entendre tous ces extraits sans en (re)connaître la moitié a été pour moi particulièrement agaçant. On a l'impression de rater toute une partie de l'humour. Jeunes filles pour qui la culture musicale est un élément déterminant du prince charmant, renoncez à m'épouser ! Je dois avouer avoir été pris en défaut bien plus souvent que je ne m'y attendais.

Finalement, un spectacle de très bonne tenue, plus poétique que comique à mon sens. Si vous voulez rire franchement, allez plutôt voir le Quatuor, dont Laurent Cirade a d'ailleurs fait partie. Mais ne boudons pas notre plaisir : le théâtre est beau (monument historique rénové il y a un an) et l'ensemble vaut largement le détour.