L'histoire en quelques mots : un raton laveur baroudeur doit rendre à un ours patibulaire la nourriture qu'il lui a volée, dans un délai de sept jours. Pour cela, il se rend dans un lotissement tout neuf pour faire les poubelles des humains, en compagnie d'une troupe d'animaux du voisinage tout juste sortis d'hibernation, déboussolés de voir leur habitat naturel remplacé par des pavillons 100% american dream. La méfiance de la tortue Verne, chef du groupe, finit par céder la place à une amitié sincère... jusqu'à ce que le raton s'enfuit avec la nourriture héroïquement dérobée, laissant ses amis aux mains de l'affreux Verminator. Mais tout est bien qui finit bien, l'amitié reprend le dessus, etc.

Techniquement, rien à redire, comme d'habitude : des ciels à la verdure, en passant par les fourrures et même les humains, tout colle à merveille. Et très rapidement, on ne songe même plus que cela a été réalisé par ordinateur. Le scénario, pour simple qu'il soit, avec sa part inévitable de bons sentiments (après tout, le film est destiné au jeune public), possède assez de surprises et de rebondissements pour que l'on ne s'ennuie pas un instant. Les gags sont nombreux, et font mouche.

Mais surtout, et c'est là la différence fondammentale entre Dreamworks et Disney (pardon aux fans du second si je les froisse au passage), il y a un humour réservé aux adultes, sans que cela ne les gêne le moins du monde les enfants d'ailleurs (sauf quand ils vous voit rire sans comprendre pourquoi), car subtilement distillé dans les diverses scènes. Point de salaceries, rassurez-vous, mais une critique acide et extrêmement juste de la société de consommation et du mode de vie occidental en général.
Le regard porté par le héros sur les humains est impitoyable : ils entassent de la nourriture, quand il y en a trop ce n'est pas encore assez, ils ne mangent pas pour vivre, ils vivent pour manger ! On assiste également à plusieurs explosions qui font irrésistiblement penser à des bombes atomiques ; leur récurrence m'apparaît comme une critique subtile de l'armement à outrance (mais je dépasse peut-être l'intention des auteurs avec cette interprétation). Quant à la destruction de la forêt pour laisser la place à des rangées de maisons identiques à perte de vue, le message écologique est trop évident pour que je m'y attarde. Tout cela étant présenté sans la moindre lourdeur, le film gagne en profondeur sans perdre en vivacité.

Une production de très bonne facture donc, qui devrait plaire à tous, même aux plus âgés.