Revoir un bout de passé
Par Gabriel Kerneis le mercredi 27 septembre 2006, 17:47 - Expériences - Lien permanent
En sortant du métro,
voir un bout de passé au bras d'un inconnu.
Reconnaître une épaule, un dos ou des cheveux.
Hésiter un instant, attendre le visage :
reconnaître le rire.
Ne pas regarder l'autre, ne pas être jaloux.
Puis ne plus hésiter, savoir déjà quoi faire ;
à force d'y avoir souvent songé, à force
de n'avoir déjà pas - et par au moins deux fois -
eu la force d'oser.
Regarder son passé,
le regarder partir, au bras d'un inconnu.
Suivre un bout de chemin, tout en lisant son livre,
un bout de son passé qui retourne chez lui.
Lire un livre en marchant, au cas où le passé
aurait l'idée peut-être de se retourner.
Mais le passé, hélas ? ne se retourne pas,
et l'on ne se retourne pas sur son passé.
Le coeur se calme alors que les chemins divergent.
Le coeur se calme alors, et le passé s'en va.
Sans un mot, un regard, sans même le savoir.
La promesse est tenue : le passé n'a pas su
que l'on était passé. La promesse est tenue ;
le coeur en sort scellé.
Mais le pays n'est plus, le héros est parti,
LA MER DANS SA FUREUR AVAIT TOUT ENGLOUTI


Commentaires
RÊVEil, in Errances, p23.
En effet. Le texte intégral.
Non je ne suis pas forcée d'avoir mieux à dire.
Bon, d'accord, j'aime beaucoup « le passé ne sait pas / que l'on était passé ».
Et puis ligne 4 (ok, vers 4), j'aurais mis « Hésiter » avec un R, mais on a le droit de changer d'énonciation si on veut.
Tu as raison, c'est une erreur (corrigée).