LSF (cours 2)
Par Gabriel Kerneis le samedi 14 octobre 2006, 14:57 - Savoirs - Lien permanent
Je sais que je me répète mais la LSF (langue des signes française), c'est vraiment bien.
Petit résumé de mes connaissances toutes fraîches :
- on distingue les mots et les classificateurs. Comme la langue est très visuelle, imagée, les actions sont souvent décrites en faisant bouger le signe associé au sujet. Par exemple, on fera se déplacer le bateau, l'homme, etc. Sauf que les signes ne sont pas toujours facile à faire bouger. Ainsi, l'homme se représente par un trait au niveau de la moustache. Je vous laisse imaginer comment faire "marcher" voire "tomber" le signe "un trait au niveau de la moustache". Pour rendre la chose possible, on remplace alors l'homme par son classificateur : un index dressé. Tout de suite, c'est plus facile : l'homme se promène, gravit une montagne, passe un pont, tout ça en bougeant un seul doigt dressé ! Naturellement, un même classificateur peut-être associé à plusieurs mots. Il est donc indispensable de préciser le mot auquel on se réfère une fois pour toute, avant d'utiliser le classificateur pour décrire l'action.
- je sais dire homme, neige, bonhomme de neige, femme, pont, rivière, voiture, pomme, sapin, immeuble, pluie. Compter jusqu'à 20, dire dans quel département j'habite, le demander à quelqu'un. Faire des lignes, des surfaces et des volumes (très utile car ce sont des classificateurs courants : le carré, la ligne pointillée, le cercle, le disque, le cube, l'étoile, etc.).
- j'ai un signe qui me désigne (mon "prénom" en langue des signes) ; il est donné par un sourd, en l'occurrence mon professeur. Il fait référence en général à un signe caractéristique, physique ou gestuel, de l'individu ; dans mon cas, c'est la barbe.
- un théâtre en langue des signes (IVT, international visual theatre)
va ouvrir à Paris au début de l'année 2007existe à Paris (originellement Vincennes) depuis 1978. - quoique les langues des signes soient propres à chaque culture, il est possible pour deux sourds d'origine différente de se comprendre en quelques heures, car ils développent une capacité à mimer les émotions, à observer et comprendre le langage du corps de l'autre, même si les références, et donc les mots-signes, ne sont pas les mêmes. En revanche, un sourd et un entendant parlant la langue des signes d'un autre pays auront les plus grandes difficultés à communiquer ; l'entendant n'acquiert que rarement cette capacité de compréhension des mouvements du corps.
La suite la semaine prochaine. Je répondrai à toutes les questions dans la mesure du possible, n'hésitez pas (en cas de doute, je demanderai à mon professeur).


Commentaires
Si un homme se représente par un trait au niveau de la moustache, comment représente-t-on une femme ? Ont-il le même classificateur ?
La femme, c'est un trait vertical le long du visage (je ne sais pas pourquoi, peut-être à cause des cheveux longs). Ils ont le même classificateur a priori (qui peut en fait varier selon l'action qu'ils effectuent je crois).
Une autre question, est-ce que l'immense majorité des sourds apprennent le langage des signes ? Qu'en est-il des gens qui ont une audition déficiente (mais qui se débrouillent avec un appareil auditif, la lecture sur les lèvres et la patience de leur interlocuteur) ?
En tout cas, notre professeur est appareillée, oralisante (elle arrive à parler) et lit sur les lèvres tant bien que mal. Et elle a appris la LSF quand même. Les sourds apprennent la LSF pour communiquer entre eux, donc ça doit surtout dépendre de l'environnement dans lequel l'enfant évolue (un ami entendant de parents sourds avait ainsi appris la LSF).
Je crois que c'est tout pour le moment.
Sinon, je me faisais la remarque que la langue des signes n'est probablement pas très politiquement correcte (vu que décrivant le plus simplement possible, j'imagine).
Oui, la notion de pudeur n'est pas toujours exactement la même ; ça rejoint un peu la question de l'ironie que j'ai déjà évoquée il me semble.
« Oui, la notion de pudeur n'est pas toujours exactement la même ; ça rejoint un peu la question de l'ironie que j'ai déjà évoquée il me semble. »
Probablement. Ca me plait en tout cas.