Ni l'un(e) ni l'autre
Par Gabriel Kerneis le mercredi 10 janvier 2007, 01:05 - Engagements - Lien permanent
Attention : texte à contenu politique, donc subjectif. Vous avez le droit de vous enflammer dans les commentaires ; je me réserve celui de ne pas y répondre (mes trolls domestiques sont assez bien nourris). Vous êtes prévenus.
Je ne voterai pas pour M. Sarkozy. Je ne voterai pas pour Mme Royal. Car ni l'un ni l'autre ne m'inspire la moindre confiance, ni le moindre espoir, la moindre envie d'avancer. Même si je leur reconnais de (rares) bonnes idées de temps à autre.
Je ne ferai pas le jeu de l'extrême-droite. Si M. Le Pen passe au second tour, ce ne sera pas ma faute, mais bien celle de ceux qui auront voté pour lui.
Je ne voterai pas blanc. J'aurai pu, je suis plutôt pour le vote blanc quand il est réfléchi, pensé, assumé. Mais j'ai autre chose à exprimer qu'une absence de choix. Je ne voterai pas nul non plus, quoique l'idée de rendre un bulletin manuscrit sur lequel j'aurais classé les candidats m'ait effleuré l'esprit comme alternative intéressante (quoique totalement inutile) pour promouvoir le vote de Condorcet[1]
Je voterai pour M. Bayrou.
Notes
[1] dont la résolution des cas de conflit est NP-difficile, comme me l'a appris M. Hudry que je remercie au passage --- notez que le bourrage des urnes est du même coup NP-difficile également.


Commentaires
Je ne voterai pas pour Monsieur Bayrou. Je voterai pour Madame Royal, car si elle ne m'inspire pas beaucoup d'espoir, je place mes espérances en son gouvernement.
Ce qui est assez illusoire, merci.
Par ailleurs, j'aime assez l'idée que le clivage gauche/droite soit obsolète, mais Monsieur Bayrou ne représente pas une solution plus satisfaisante à mes yeux.
Enfin, si le deuxième tour met face à face Messieurs Le Pen et Sarkozy, je crois que je ne voterai pas. Comme Winston Churchill, je crois en la démocratie, et si une majorité de mes concitoyens se déclare en faveur d'une alternative qui ne me paraît pas viable, je m'inclinerai.
De toute façon, je suis *déjà* exilée.
Et puis je ne suis pas encore sûre d'arriver à faire une procuration.
Par ailleurs, je pourrais encore changer d'avis, notamment si Monsieur Bayrou se révèle partager de façon virulente et convaincante* mon opinion que la santé industrielle d'un pays repose à long terme sur la recherche.
* Comprendre par là, que je sois convaincue qu'il compte traduire efficacement cette opinion en actes.
Je ne sais pas si ceci te convaincra, mais ça vaut toujours la peine de le lire. Notamment, il propose d'exempter d'impôts les revenus générés par des brevets de chercheurs résidant en France, ce qui me semble proche de ton idée de lien entre santé industrielle et recherche.
Le problème est de savoir lequel va tenir ses promesses...
Car et Monsieur Sarkozy (http://www.u-m-p.org/site/index.php...) et Madame Royal (http://www.desirsdavenir.org/index....) reconnaissent la faiblesse de la recherche française actuellement...
Salut Gabriel !
Je viens de découvrir ton blog.
J'ai également une certaine sympathie pour Bayrou, mais il n'a malheureusement pas la surface politique suffisante (au sens d'avoir une majorité législative) pour imposer ses vues.
S. Royal a le petit avantage d'avoir un profil nouveau : une femme en position éligible. Son pragmatisme apparent et sa démarcation franche de certaines positions habituelles sont un plus, mais le parti et les personnalités derrière elle me font fortement douter d'un quelconque changement de fond ...
Et quant à Sarkozy, on voit ses dents rayer le parquet depuis le début des années 90. Dynamique assurément, mais plutôt du genre agité, ainsi que libéral pur cru et quelque peu brasseur de vent ... Définitivement pas mon choix !
Au final, je n'ai pas encore arrêté ma position, mais j'ai un peu de mal à espérer quoi que ce soit de la classe politique actuelle ...
J'attends une projection dans l'avenir ambitieuse (la R&D est stratégique !), une réelle intégration des problèmes écologiques (même si la France seule ne peut tout faire), et une réelle volonté de réformer les machines administratives afin d'optimiser les dépenses et regagner de la marge de manoeuvre.
Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire, mais je vais m'arrêter là pour l'instant.
@+
Hello!
Moi aussi je viens tout juste de découvrir ton blog. Très intéressant!
Pour en revenir à la politique, je suis très déçu qu'une simple carte d'identité ne soit pas suffisante pour pouvoir aller voter n'importe où en France.
En effet, je n'ai pas pu aller m'inscrire sur les listes électorales de mon lieu de résidence... Tout simplement car je n'avais pas encore d'attestation de logement pour la ville où je serais pour les élections! J'avais l'envie, mais j'ai été refoulé deux fois de la mairie de ma ville.
Donc ces histoires de votes ne me concerneront pas cette année...
Néanmoins, je ne sais pas non plus pour qui j'aurai préféré donner ma voix : le duel gauche/droite ne me semble pas vouloir suffisament réformer l'existanciel, alors justement... pourquoi pas Bayrou?
Des fois, quand je lis ce que tu écris, je me dis que j'ai raison d'être amoureuse de toi. Je sais que nous sommes souvent d'accord en matière de politique, mais pourtant, ça m'étonne à chaque fois.
Les gens qui me connaissent savent depuis longtemps mon avis sur le sujet. Je déteste le système des partis parce que je déteste l'idée même que je vote pour un parti et pas pour QUELQU'UN. Le problème avec ce système, c'est qu'on finit toujours par voter pour "le moins pire de tous". Les gens dans les partis ils ont tous une logique qui ne me plait pas. Ce que j'aime avec M.Bayrou, c'est que tout en étant président de l'UDF, il reste en marge du parti lorsqu'il parle de politique. Ce que j'aime chez M.Bayrou, c'est que lorsqu'il parle de politique, il parle de la France et moins souvent des français. Ce que j'aime bien avec M.Bayrou, c'est que lorsqu'il parle de la France, il parle de régler les problèmes de manière réaliste, il ne promet pas n'importe quoi, il est modeste, a de modestes ambitions.
Moi je l'aime bien, et même s'il n'a pas la popularité pour être élu, c'est peut-être la seule fois de ma vie que je vais voter pour quelqu'un que j'AIME et pas pour quelqu'un par élimination... Je refuse de rater cette occasion aussi égoïste que ce soit.
Et puis, je vais vous dire un truc, M.Bayrou, s'il avait la même couverture médiatique que les autres, il l'aurait peut-être cette fameuse popularité qui lui manque.
Ah mais Camille vois-tu, je ne voterai pas pour quelqu'un car je n'aime pas non plus Monsieur Bayrou... il ne me reste donc plus que le choix de voter pour un parti.
Bah ça c'est ton choix, moi je ne fais qu'expliquer le mien.
Je n'ai rien suggéré d'autre. Je voulais juste dire que je trouve ton argument valide, que moi aussi j'aimerais bien voter pour quelqu'un plutôt que pour un parti, mais qu'étant donné que je n'aime aucune des *personnes* qui se présentent je me rabats sur les *partis* dont elles se réclament...
"je suis plutôt pour le vote blanc quand il est réfléchi, pensé, assumé."
Je ne comprend pas ce que peut apporter un vote blanc, même s'il est réfléchi et assumé.
Quelle différence en un vote blanc, un vote nul, ou une abstention ? Absolument aucune. Les trois peuvent exprimer la même chose : refus des candidats proposés, refus du mode d'élection, désintérêt pour la politique.....
Au final, que ce soit blanc, nul, ou rien, ce n'est pas compté et ça ne sert à rien.
De toute façon un candidat sera choisi, il est quand même préférable de dire lequel te semble le moins pire (a défaut de préférence) plutôt que de se faire imposer un président par les autres.
Et au final, ces voies non exprimées favorisent les partis extrêmes : la plupart des abstentionnistes auraient voté plutôt modéré (les personnes ayant des idées extrémistes s'expriment), et donc c'est des voies modérées qui ne sont pas exprimées, et donc proportionnellement des voies en plus pour les extrêmes.
A mon avis, le vote blanc est une erreur, même s'il est longuement réfléchi.
Concernant M Bayrou, il me semble en effet très interessant. Malheureusement les personnes de son entourage (et qui formeront donc probablement son gouvernement) ne sont pas toutes de son niveau à mon gout.
++
Je suis totalitaire, penserez-vous. Je répondrai qu'il y a des limites au spam (et à la bêtise) qu'il convient de ne pas dépasser.