Je n'éditerai pas de second recueil de poésie. Pas tout de suite, du moins. Je l'ai décidé après avoir écouté les réflexions de deux amies, qui suivent avec moi un cours intitulé Exploration d'une pratique artistique.

Je leur parlais de mon projet, de mes sentiments face à mes poèmes, de ma démarche, de mes doutes. Je parlais de cohérence, de rationalité, de rétrospective.

Elles n'ont fait qu'écouter. Et, avec une désarmante simplicité, m'ont demandé pourquoi je tenais tant à créer un cadre rassurant pour tenter de contenir une multitude de poèmes qui, manifestement, ne faisaient sens que dans leur éparpillement, leur diversité, leur désordre, leur folie même. Pourquoi vouloir créer ce lien artificiel entre eux, pourquoi vouloir les organiser à tout prix, alors que ma pensée est fondamentalement morcelées, chaotique, parcellaire ?

Je n'éditerai pas de second recueil de poésie. Pas tout de suite, du moins. Mais je vais faire un objet, une mise en page, en espace, je ne sais pas encore trop. J'ai des idées en vrac, qui me viennent comme je les aime. Je vais réaliser un objet poétique, qui laissera le lecteur libre de son chemin. Je vais donner à voir, à sentir et à toucher.

Je n'éditerai pas de second recueil de poésie ; mais j'en garde le titre. Je vais essayer de fabriquer un support pour mes quelques bribes de folie.