Français
Par Gabriel Kerneis le mercredi 11 avril 2007, 20:22 - Expériences - Lien permanent
L'épreuve de français (et culture générale) qui clôturait le concours d'entrée en troisième année à l'ENS de Cachan (section informatique en ce qui me concerne, pour ceux qui débarquent) s'est plutôt bien déroulée.
Le texte à résumer était extrait d'une folle solitude, d'Olivier
Rey (Seuil, 2006) et causait du paradoxe des sciences de l'éducation, qui
tentent de rationaliser un domaine (l'éducation, suivez un peu !) où seul
l'empirisme peut être de mise. En effet, elles voudraient éliminer l'autorité,
considérée comme bridant la liberté de l'enfant, mais elles se fondent pour se
faire sur une science du comportement qui prétend connaître l'enfant
parfaitement, et donc le transforment en un objet aux réactions déterministes,
privé de toute liberté. Là est le paradoxe. Après, il s'enflamme un peu sur la
méthode globale de lecture, et il conclue en disant : les enfants sont
plus intelligents que les réformateurs
et ils se débrouilleront toujours
pour apprendre malgré les méthodes débiles qu'on voudrait leur inculquer.
Non, ce n'est pas exactement ce que j'ai écris dans mon résumé (qui était un peu plus long, 198 mots pour être exact) ; en fait, il n'était pas aussi bien, mais c'est souvent le cas quand on veut trop bien faire.
Je me suis fait plaisir sur la dissertation. J'ai choisi la seconde citation[1] :
Mais le respect de la liberté de l'enfant, ainsi entendu [au sens d'une suppression de l'autorité], conduit à traiter celui-ci en objet scientifique, la personne sitôt reconnue est transformée en personne manipulée, cernée par une connaissance objective.
Et j'ai fait un plan trop mignon en deux parties, où j'ai ramené mes potes
Foucault[2] et Orwell, ainsi que quelques éléments de la
vraie vie
(des journaux, des paroles de présidentiables...) et un peu
d'histoire (le Tibet, la Résistance française à l'occupation allemande...).
Vous avez du mal à voir le lien, j'imagine, mais j'ai parlé de l'exercice de la
liberté pour résister contrôle du panoptisme et c'était jouissif. Sans oublier
les gens qui aiment se faire dominer, parce qu'ils ont la trouille d'assumer
leurs décisions. Oui, j'ai vraiment parlé de tout ça.
J'espère entre 12 et 14. Peut-être plus mais je ne crois sincèrement pas que mon résumé soit assez bon pour me bercer d'illusions.
Enfin, rappelons que cette épreuve ne sera corrigée que si je suis admissible (je vous renvoie à ce sujet au billet précédent).


Commentaires
C'est un peu ça, la tristesse, avec les sujets de français aux ENS. Tu te démènes à pondre un joli texte plein de références (moi je mettais du Camus partout, j'ai parlé de Camus lors de toutes mes épreuves de français au fond), et personne ne le lit, jamais.
Ca fait froid dans le dos, un peu.