Aujourd'hui, dans un parc de ma ville, des animations en plein air était organisées par des associations, sur le thème des arts. Notamment, sous des barnums, avait lieu un cours de modelage, auquel prenait part mon amoureuse. Si le terme barnum vous est inconnu, il s'agit de ces toits en toile montés sur quatre pieds, destinés à protéger du soleil et de la pluie.

Barnum

L'an dernier, il avait plu. Celle-ci, c'est le vent qui était au rendez-vous. Et je ne vous parle pas d'une petite brise. Plutôt du genre de vent à arracher les tentes mal fixées au sol. Et les pieds des barnums avaient beau être solidement fixés au sol, ils n'ont pas tardé à commencer à se soulever dangereusement.

Pied barnum

Ni une ni deux, le conseiller municipal, les policiers municipaux et moi-même (entre autres citoyens de bonne volonté) retenons de notre mieux les pieds des-dits abris pour les empêcher de s'envoler. Fatale erreur. Nous conseillons heureusement dans le même temps aux gens de s'éloigner.

Sachez que l'intérieur d'un barnum est constitué d'une armature de soutien, qui comporte notamment des jonctions de ce type :

Jonction barnum

En maintenant les pieds au sol, nous avons créé une contrainte sur la structure. Le vent appliquant une force constante (voire croissante), et les tensions n'ayant plus la possibilité de s'exercer par le bas (parce que, quand même, faut pas déconner, on a de la force), elles se sont reportées sur les jonctions en question. Vous avez deviné la suite : les jonctions cèdent et les barnums s'effondrent littéralement sur eux-mêmes. Heureusement qu'il ne restait personne en dessous (enfin presque - il y a des gens qui ne comprennent pas quand on leur dit de s'en aller...). Plus de peur que de mal, sauf pour le policier municipal qui s'est blessé à l'épaule. Rassuré de retrouver mon amoureuse saine et sauve, je compte les morts et participe au rapatriement.

Après ces péripéties, les membres de l'association ont eu la sage idée de se replier vers des locaux en dur. Où j'ai pu m'exercer au modelage. Je dois avouer que j'étais plus que réticent. Mais à force de me faire prier, j'ai fini par me laisser tenter[1]. Indécrottable matheux, je me suis fendu d'un paraboloïde hyperbolique ; et, franchement, c'est hyper-dur à modeler, même quand on connaît l'aspect des sections par les différents plans ainsi que les droites et les hyperboles génératrices[2]. Il n'est pas terminé, mais je mettrai une photo en ligne quand ce sera le cas, promis. En attendant, pour vous donner une idée, c'est censé ressembler à ça :

Paraboloide hyperbolique

Une selle de cheval en gros... Enfin, ne vous attendez pas à des miracles, c'est un peu comme quand un gamin dessine sa mère, le résultat n'a en général qu'un vague rapport avec l'original. C'est l'intention qui compte...

De retour chez moi, je passe dans le salon, devant cette ignominie qu'est la Freebox TV[3]. Ignominie ? Pourquoi donc ? Parce que cette saloperie, même en veille, dégage une chaleur folle, ce qui laisse rêveur quant à sa consommation (inutile) de courant électrique. D'ailleurs, je dis même en veille, mais c'est forcément en veille, puisqu'il n'est pas possible de l'éteindre : le boîtier est allumé ou en veille, rien d'autre[4].

Mais aujourd'hui, changement radical : quelqu'un a trouvé un moyen de rentabiliser cette énergie perdue. Dans un éclair de génie qui lui fait honneur, d'autant plus qu'il tranche avec l'ordinaire, mon chat a élu domicile sur la petite boîte, se faufilant pour cela à l'intérieur du meuble qui la contient. Pas de photo à vous montrer, mais dès qu'elle recommence, je saisis mon appareil pour immortaliser cet instant magique où la Nature tente, tant bien que mal, de compenser les outrages que l'Homme lui inflige.

Notes

[1] Ce qu'on ne ferait pas par amour, quand même...

[2] Si tu n'as pas compris cette phrase, saute-la allègrement, mais avec dignité quand même, et poursuis ta lecture.

[3] Une machine qui permet de regarder la télé avec tout plein de chaînes gratuites, merci qui ? merci Free (quand ça fonctionne, du moins)...

[4] Elle partage cette sympathique caractéristique avec la télé de mon oncle ; la solution serait de débrancher la prise quand on ne s'en sert pas, mais c'est pénible et ça entraîne la perte des réglages.