Cinéma

  • L'intouchable (03/02) : super étrange. Déstabilisant, tournoyant. L'histoire d'une comédienne qui part à la recherche de son père, intouchable en Inde, que sa mère a rencontré lors d'un voyage de jeunesse. Elle doit auparavant accepter un rôle qu'elle déteste, pour se payer le billet d'avion. Plongée dans des univers à la limite de l'hermétisme, où l'intouchable n'est pas toujours celui qu'on croit.
  • Amer béton (19/05) : l'histoire de deux garçons des rues, Noir et Blanc, qui se battent contre les Yakuza et les promoteurs immobiliers qui veulent raser leur quartier. c'est un manga, c'est assez dur, autant dans le trait que dans l'histoire. Je ne le recommanderais pas à des gens n'en ayant jamais vu, il y a d'autres dessins animés asiatiques (japonais ou coréens) beaucoup plus abordable pour commencer. Mais si vous aimez bien le style, ça vaut vraiment le détour.
  • Jesus Camp (19/05) : prenez les chrétiens les plus extrémistes de tous les États-Unis. Filmez-les. Ça vous fait un voyage dans le temps à peu de frais, une sorte de Retour vers le Moyen-Âge mâtiné de relents sectaires à faire froid dans le dos. Il s'agit d'un documentaire, mais il convient tout de même de rappeler que tous les américains ne sont pas aussi atteints que ceux qu'on voit dans Jesus Camp. Brrr...
  • Très bien, merci (20/05) : comment un mec, pour avoir agacé des policiers un soir dans la rue, se retrouve au poste, puis en hôpital psychiatrique et enfin au chômage. Ça commence très très fort, en une sorte d'illustration cinématographique de l'oeuvre de Michel Foucault (bien que la vraisemblance soit laissée de côté pour les besoins de la cause). Par contre, ça retombe un peu dans la seconde partie, qui fait plus dans l'introspection personnelle et les tensions du couple. Mais la fin rebondit agréablement en toute immoralité et le film laisse finalement un bon souvenir.
  • Irina Palm (27/05?) : une grand-mère se prostitue pour réunir l'argent nécessaire à l'opération de son petit-fils gravement malade. C'est anglais, jamais vulgaire, empreint d'une sensibilité rare sur un thème miné. Et le patron de la boîte de strip-tease fait sonner les silences comme personnes, sa mélancolie imprimée sur le visage.
  • La vie des autres (26/06) : très beau film émouvant sur la police politique en Allemagne de l'Est, quelques années avant la chute du mur de Berlin. L'histoire d'un fonctionnaire qui s'attache petit à petit à l'un des hommes qu'il est chargé d'espionner.
  • Persepolis (1/07) : dessin animé autobiographique en noir et blanc, adapté de la bande dessinée éponyme, retraçant de manière drôle et poignante 30 ans d'histoire iranienne (voire plus avec les rappels historiques) en même temps que l'enfance de la dessinatrice. Le personnage de la grand-mère, dont Danièle Darrieux fait la voix, est le plus émouvant et porteur d'espoir, de rigueur morale inflexible et de joyeuse irrévérence.

Télé

  • In her shoes (12/01) : comédie américaine qui évite la plupart des lourdeurs du genre. Deux soeurs, l'une analphabète, nymphomane, dépressive ; l'autre avocate surbookée et coincée. Rajoutez une histoire de famille conséquente (mère suicidée, grand-parents écartés par le père, remarié à une horrible bourgeoise, ...). Forcément, ça se termine bien, mais avec assez de finesse pour qu'on passe un bon moment.
  • Embrassez qui vous voudrez (21/01): comédie française noire et désabusée, sur des couples qui se font et se défont dans la douleur. Drôle mais triste, avec une brochette d'acteurs connus, jeunes et moins jeunes, tous formidables.
  • La fille du juge (23/01) : documentaire autobiographique par Clémence Boulouque, la fille du juge antiterroriste Gilles Boulouque, qui s'est donné la mort en décembre 1990 à cause des pressions insupportables qu'il subissait dans le cadre de son travail. Poignant, mais parfois à la limite d'un pathos agaçant (quoique compréhensible) --- j'imagine que le livre dont est tiré le film est plus agréable sur ce plan.
  • L'enfant du secret (27/01) : téléfilm sur l'abbé de l'Épée, le fondateur de la langue des signes française, et Guillaume Solar, un enfant sourd abandonné par sa mère que l'abbé prendra sous son aile. Un sujet passionnant, joué avec justesse, si l'on excepte les quelques passages agaçants sensés nous mettre dans la tête de l'enfant qui n'a pas encore acquis le langage (une telle chose est par nature indicible, et l'illustration qui en est faite est tout à fait ridicule).
  • Plus profond que l'océan[1](28/01) : film américain où un garçon de douze ans est retrouvé par sa famille neuf ans après avoir été enlevé, et élevé par un homme qui ne savait rien de ce rapt. Comme d'habitude, il faut ignorer les passages « bons sentiments » --- mais ils ne sont pas si fréquents que ça (essentiellement concentrés à la fin) --- et tolérer le personnage récurent du « bon flic toujours de bon conseil ». Il s'agit d'une peinture plutôt intéressante et réaliste des tensions qui se nouent autour des failles des personnages, des non-dits, des ressentiments. L'intérêt de ce film : faire réfléchir à une situation qui, pour exceptionnelle qu'elle soit, pose des problèmes universels en termes d'éducation, de relation, de famille. Pas facile de savoir comment trancher, ni où est l'intérêt de l'enfant. Les quelques passages sur les journalistes qui se jettent comme des vautours sur la famille valent le détour également.
  • Ali (04/02) : l'histoire du boxeur Mohamed Ali, point de vue subjectif, focalisation interne. Saisissant et puissant, mais manque de perspective historique (bonnes connaissances sur le mouvement des droits civiques et sur Nation of Islam recommandées pour suivre sans peine).
  • Pardon (07/02) : Téléfilm gentil sur un quinquagénaire qui trompe sa femme avec une petite jeune de 25 ans, et le drame qui s'ensuit. Pas transcendant mais bien joué, avec sincérité (sauf le môme pas crédible deux secondes).
  • Un crime au paradis (12/02) : Un couple de paysans s'engueule en permanence, et de plus en plus fort, jusqu'à ce que l'un tue l'autre. Au début, on craint la comédie lourde et franchouillarde. Mais les acteurs, tous brillants (Villeret, Dussolier formidable en avocat cynique, ...), emportent ce film avec brio. On regrettera les approximations et exagérations lors des scènes du procès, mais peu importe : on est ici pour rire, et c'est le cas, avec finesse même. Lorsque le générique de fin débute, reste quand même une question morale que chacun tranchera en son âme et conscience.
  • La louve (04/03) : beaucoup aimé, un téléfilm policier intelligent et moins cousu de fil blanc qu'on ne le pense au départ. Ça parle aussi de suicide et de dépression, avec finesse.
  • James Bond contre Docteur No (08/03) : je ne l'avais jamais vu. Malgré son grand âge, reste très agréable. Et étrangement plus crédible que les derniers en date (sauf la dernière scène, mythique, où il suffit de tourner une grosse manette pour tout faire exploser --- mais QUI a mis cette manette là ?).
  • Ocean's Eleven (11/03) : Brillant film de casse (ici, il s'agit de braquer un casino), faisant un appel intensif à de la haute technologie et une collection de stars réunie pour l'occasion. Difficile de ne pas se laisser prendre au jeu, même si on pourra lui préférer Inside man, sorti quelques années plus tard, qui renouvelle le genre en remplaçant l'informatique par de la psychologie et la basse vengeance sentimentale par des motifs plus profonds.
  • Le dernier Samouraï : de belles scènes de bataille, des sentiments à deux balles, du grand spectacle à la Hollywood inspiré d'une histoire vraie (mais moins glorieuse que celle du film, et dont le protagoniste était un français napoléonien et non un américain).
  • Le dernier dîner : un groupe d'amis invite à dîner des personnes qu'ils trouvent détestables et nuisibles à la société pour les éliminer. Ambiance oppressante. Discussions sur la morale, la justice et le sens de l'Histoire plutôt bien tournées. Les trente dernières secondes gâchent tout le film, en levant une ambiguïté qui lui aurait donné une force redoutable. Si l'on s'efforce de les oublier, on se trouve face à un film intellectuellement remarquable, invitant à la réflexion. À mon goût, les passages de nuits d'orage font un peu « scènes faciles pour faire monter l'angoisse. »
  • Les liaisons dangereuses : superbe adaptation du roman de Choderlos de Laclos. Presque rien à y redire, les sentiments et les antagonismes sont parfaitement campés. Seule scène ratée, je trouve, la conspuation[2] finale de Mme de Merteuil.
  • Troie (20/05) : Pas si mauvais que ce que les critiques en ont dit, je trouve, et en plus assez fidèle à l'Illiade (même si l'histoire d'amour d'Achille semble rajoutée, elle est inspirée de certaines variantes du récit). Naturellement, la chronologie est un peu malmenée et certaines personnages sont remplacés par d'autres à des fins de condensation, naturellement les émotions ne sont pas toujours les plus justes possibles, mais j'ai trouvé ce film plus qu'honorable. Et c'est une excellente occasion de retourner réviser ses classiques.
  • Predator (1 ou 2, je ne sais plus) : une infâme bouse divertissante au troisième degré. Je me demande même ce qu'il fout dans une liste de films notables.
  • Secrets de famille (Keeping Mum en VO, 23/06) : un bon film sur une gouvernante mystérieuse qui débarque dans une famille en péril et remet tout le monde d'aplomb. Nan, en fait je résume super mal, mais ce n'est pas facile sans casser le suspense, crucial dans ce film. Un film drôle et qui fait réfléchir (pourvu qu'on s'en donne la peine) sur les relations familiales et la difficulté de juger ceux qu'on aime.
  • Mademoiselle (8/07) : une belle improvisation sur un thème breton. L'histoire d'une femme mariée qui, le temps d'un week-end, rencontre une troupe d'improvisateurs, se joint à eux, rate plusieurs fois son train, se redécouvre et puis... et puis je ne vais quand même pas raconter la fin ! C'est très bien, en tout cas.
  • Les visiteurs (15/07) : un grand classique toujours plaisant, avec tous ses anachronismes. À mon goût, l'accent bourgeois est vraiment trop forcé, c'est un peu lourd. Par contre, l'obstination du seigneur de Montmirail, implacable et n'esquissant jamais un sourire, en permanence sûr de son bon droit, porte le film admirablement. Jean Réno aurait-il manqué un instant de sérieux que tout aurait été par terre ; il tient bon jusqu'au bout, et le film est un succès.

Notes

[1] Titre original : The Deep End of the Ocean (pas certain du titre français)

[2] Ça existe, ce mot ?