Mur blanc

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lundi 23 octobre 2006

Métro, philo, dodo (1)

J'ai laissé un papier suspendu au plafond du métro avec un trombonne, ce soir, en rentrant de l'école. J'avais écrit sur le recto

Il faut une première fois à tout.

et sur le verso

La fin est importante en toute chose.

Et en petit, en bas à droite, en guise de signature :

Métro, philo, dodo

Je me suis senti heureux. Depuis le temps que j'y pensais. Brutalement, j'ai su que c'était maintenant que je devais le faire. Un grand sourire est né sur mes lèvres.

Les gens étaient intrigués, je crois. Un bébé très amusé. Un homme a pris la peine de lire les messages avant de descendre. D'autres ont jeté des coups d'oeil réprobateurs, ou discrets.

Je vais recommencer. Il y a des choses à améliorer : le papier un peu plus grand, blanc, et un stylo-feutre plutôt qu'à bille. Mais je suis sur la bonne voie.

Merci à Fabien, qui m'a donné l'idée initiale sans le vouloir, et à Chloé, qui m'a conseillé pour la réalisation pratique.

vendredi 20 octobre 2006

Calculabilité

Je suis en plein dans la calculabilité en ce moment (partie D du programme du concours d'entrée à Cachan). En fait, pour l'instant, je suis plutôt au niveau des prérequis, c'est-à-dire les langages rationnels et hors-contexte (partie C1 à C3).

J'ai appris ce qu'est un automate à pile ; je trouve ça merveilleux. Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris un tel plaisir à travailler ; j'ai l'impression de trouver du sens dans ce que j'apprends.

J'attaque les machines de Turing demain. Ce soir, il est trop tard.

PS : ce blog devient un peu "3615 je raconte ma vie", ce que je déteste franchement à la vérité. Seulement j'ai 25 000 trucs à faire en ce moment, alors honnêtement, j'aimerais vraiment vous expliquer ce qu'est un automate à pile, et en quoi il est merveilleux qu'un automate à deux piles soit beaucoup plus puissant qu'un automate à une pile[1], mais si vous voulez vraiment le savoir, achetez Introduction à la calculabilité de Pierre Wolper chez Dunod, et lisez le chapitre 4 ; là, je n'ai pas le temps.

Notes

[1] Un automate à deux piles est aussi puissant qu'une machine de Turing ; un automate à une pile se contente de reconnaître les langages algébriques.

jeudi 12 octobre 2006

Réponse

Maintenant, je sais. Vous, pas encore. La plupart ne savent même pas de quoi il s'agit. Alors, quelle est la réponse. Oui ? Non ?

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vendredi 6 octobre 2006

J'aime...

J'aime...

  • Le film Indigènes.
  • La Langue des Signes Française (LSF) et le silence qu'elle présuppose.
  • Marcher dans la nuit, pleurer, sourire, aimer.
  • Savoir signer marcher, nuit, tristesse, sourire, aimer. Et puis aussi bateau, voilier, forêt, colère, joie, fleur et bien d'autres...
  • Trouver l'espoir au fond des yeux de celle que j'aime. Même quand je suis perdu. Surtout quand je suis perdu.
  • Savoir que ça ne suffit pas. Mais avoir envie d'essayer malgré tout. Avoir envie d'y croire.
  • Écrire ce billet, ne plus trop savoir où j'en suis. Me dire que, finalement, je suis peut-être heureux.

lundi 31 juillet 2006

Souvenirs

Un coup de déprime ? Une impression de solitude ? Un moment d'abattement, ou de doute ? Ou juste l'envie de passer 56 minutes à sourire, à siffler, à chanter, à danser, seul dans votre chambre, au son d'une musique qui rend heureux ?

Alors écoutez le disque Souvenirs de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli (avec le quintet du Hot Club de France). Un disque pour démarrer la journée du bon pied : du jazz qui swingue comme pas deux, des musiciens qui lâchent des commentaires complices (Oh bah j'veux bien, alors alors, j'vous dit, ça, c'est chaud, alors...), des guitaristes de génie doublés d'un violoniste hors-pair[1], une basse entrainante. Bref tout pour plaire (à condition d'aimer le jazz, naturellement).

Ci-joint, un (tout petit) extrait du CD, qui doit rester (j'espère) dans la limite légale du droit de citation. Juste pour vous donner une petite mélodie, à siffloter en boucle sous la douche jusqu'à vous donner envie d'acheter le CD pour en entendre plus...

Notes

[1] Jeu de mot subtil amicalement signalé au lecteur.

jeudi 20 juillet 2006

User de rhétorique

Distribuer aux enfants des yaourts natures et des sachets de sucre en poudre.

« Je n'aime pas les yaourts.
- Oui mais là c'est super, tu vois, tu as du sucre, tu peux en rajouter si tu veux.
- Je n'aime pas le sucre.
- Bah c'est encore mieux, parce que le sucre, tu as aussi la possibilité de le laisser. Comme ça, tu peux manger ton yaourt nature.
- D'accord. »

Instant de stupeur, moment de grâce : la voir manger son yaourt avec le sourire.

samedi 8 juillet 2006

Changer sa manière d'embrasser

Pendant une semaine, ne plus embrasser que du bout des lèvres. Plus de grands baisers profonds, plus de fusion passionnée. Plus que de petits moments d'intimité arrachés au détour d'un sourire.
Au début, cela est étrange, frustrant. On en veut plus, plus de l'autre, plus d'amour. Comme si l'on était amputé de quelque chose. Comme si la manière changeait la qualité.
Et puis on s'habitue. On y prend goût, à ces petits baisers. Un plaisir nouveau se fait jour. Il viennent naturellement. Après sept jours, on ne pense même plus aux baisers d'avant.
C'est alors qu'on peut changer à nouveau de manière d'embrasser.

vendredi 7 juillet 2006

Attendre et se pénétrer de l'absence

Être invité à une soirée d'anniversaire surprise, qui ne l'est pas vraiment. N'y voir que peu de monde. Attendre les gens qui ne viennent pas, sont retardés, trouvent porte close et repartent à cause d'un problème d'interphone...
Finalement, se retrouver à quatre. Quatre amis proches. Sentir ceux qui ne sont pas là. Se pénétrer de leur absence. Ne pas être triste. Se sentir bien dans l'intimité, ne plus attendre. Voir la tension retomber. Comprendre que les choses ne sont jamais comme on les espérait. Être heureux.

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