L'abbé Pierre est mort. Partout, je lis : il a achevé son combat, il
est parti au moment où il réussissait, les pouvoirs publics ont enfin
compris
, etc. Et, pour couronner le tout, j'entends le ministre
proposer que la loi pour le logement opposable, cette comédie que
nous joue le gouvernement à quelques mois des élections, porte son nom.
Quand je lis le blog de Frédéric Rollin, qui a consacré de nombreux billets à cette loi, tous très critiques ; quand je lis, en particulier, que le gouvernement vient de reconnaître que le « droit au logement opposable » ne sera qu’un faux semblant ; quand je pense à ces manipulations, à ces mensonges, à ces faux-espoirs qu'on donne à tous ceux qui n'ont pas de toit ; quand je pense à cette mémoire qu'on voudrait ainsi salir et humilier, celle d'un abbé dont on n'ose même plus rappeler qu'il croyait en Dieu, comme si cela dérangeait dans cette République laïque qui n'a même pas honte de ne plus savoir ce que charité veut dire...
j'ai envie de pleurer.

