Mur blanc

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Tag - communication

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jeudi 25 janvier 2007

Pierre qui roule...

L'abbé Pierre est mort. Partout, je lis : il a achevé son combat, il est parti au moment où il réussissait, les pouvoirs publics ont enfin compris, etc. Et, pour couronner le tout, j'entends le ministre proposer que la loi pour le logement opposable, cette comédie que nous joue le gouvernement à quelques mois des élections, porte son nom.

Quand je lis le blog de Frédéric Rollin, qui a consacré de nombreux billets à cette loi, tous très critiques ; quand je lis, en particulier, que le gouvernement vient de reconnaître que le « droit au logement opposable » ne sera qu’un faux semblant ; quand je pense à ces manipulations, à ces mensonges, à ces faux-espoirs qu'on donne à tous ceux qui n'ont pas de toit ; quand je pense à cette mémoire qu'on voudrait ainsi salir et humilier, celle d'un abbé dont on n'ose même plus rappeler qu'il croyait en Dieu, comme si cela dérangeait dans cette République laïque qui n'a même pas honte de ne plus savoir ce que charité veut dire...

j'ai envie de pleurer.

mardi 9 janvier 2007

Les passantes

Huit heure sept. Sur la dalle de béton, encore luisante de pluie sous les réverbères, dans le doux matin. Siffler les passantes. Croiser une jeune fille, qu'on connaît à peine. Elle, tendue, en route pour un examen ; moi, serein, rentrant chez moi. Lui sourire, imperceptiblement, encouragement tacite. Attraper du coin de l'oeil, sans s'arrêter, son sourire en réponse. Se sentir transporté par ce dialogue sans parole, cet instant suspendu, volé au temps.

Huit heure douze. À l'orée du métro. Rencontrer une autre demoiselle, qu'on connaît un peu mieux. Échanger une bise, quelques mots. La regarder partir, déçu.

Incontestablement, l'émotion la plus profonde est passée lors de la fraction de moment où l'on n'a rien dit à la première, se contentant de se comprendre au-delà des mots. Bonheur simple, bonheur dérisoire, peut-être. Mais au combien préférable à cette morne banalité, ces échanges vides de sens et remplis de conventions qui peuplent le quotidien.

Il faut s'entraîner à saisir ces instants au vol, s'entraîner à en profiter, et puis à les laisser repartir comme ils sont venus, par hasard. Il faut s'entraîner à siffler les passantes.

jeudi 12 octobre 2006

Réponse

Maintenant, je sais. Vous, pas encore. La plupart ne savent même pas de quoi il s'agit. Alors, quelle est la réponse. Oui ? Non ?

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Attente

48 heures, déjà. Un peu plus, même. 48 heures, et l'insupportable sentiment de ne rien pouvoir faire. La bouteille a été jetée, et reçue. Il y a 48 heures.

Comme une ultime chance, un combat rhétorique, une subtile argumentation juridique étayée de son mieux. Comme un espoir auquel on s'accroche désespérément, en se disant que l'on a envisagé toutes les possibilités, que l'on ne peut pas se tromper. Tout est là, sur le papier, sur le clavier, dans les photons et électrons. Tout a été dit, tout a été fait.

L'information est partie. Elle papillone de service en service, oubliée ici, reprise ailleurs, débattue, confrontée, évaluée. Elle est difforme, elle choque, elle indifère, elle passione peut-être. Là-bas. Ici, il n'y a que le silence, et l'attente de la réponse.

Ils disaient non, sans hésiter. Ils ne disent plus rien. Signe, présage ?

Penser, c'est aussi dire non au non. Et faire dire oui ?

mardi 3 octobre 2006

Communiquer par mail

Pourquoi est-ce que, à chaque fois que je tente de communiquer par mail avec l'administration de mon école, je crée des malentendus et je passe pour un rustre méprisant et méprisable ?

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vendredi 8 septembre 2006

« Penser, c'est dire non »

Pour une analyse de la citation d'Alain, allez lire « Penser, c'est dire non » (explication de texte).

Je prépare un autre site, une sorte de bête hybride entre le blog et la page perso. Si je mène le projet à terme, ce qui est très peu probable, ça pourrait être bien. N'hésitez pas à me soumettre vos suggestions sur ce que vous aimeriez y trouver (l'idée : un site sur moi pour diffuser tant mes idées et connaissances que pour donner envie à d'autres d'être curieux et les inciter à suivre leur propre voie - ambitieux, certes, mais que faire sans ambition).

NB : le titre est une citation d'Alain.

mercredi 26 juillet 2006

Être évalué

Se faire évaluer par son directeur. Être d'accord avec ce qu'il dit. Apprendre des choses sur soi. Donner aussi son propre point de vue sur les événements.

Apprécier cette qualité de l'échange, du regard, qui permet à deux êtres de se critiquer mutuellement pour en ressortir grandis, plus confiants en l'autre et en eux-même.

mardi 18 juillet 2006

Voir une information se propager

Mesdames, messieurs, suite à un problème électrique, le traffic est interrompu sur la ligne 8 entre Maisons-Alfort Les Juilliotes et Créteil Préfecture.
Voir le problème résolu, les employés se concerter, les conducteurs retourner à leur poste, le premier métro repartir. Et entendre cette voix féminine anonyme répéter imperturbablement le même message, inconsciente qu'elle se trompe, et qu'elle trompe des centaines de personnes.

Avoir une pensée saugrenue : cette femme ne serait au fond pas très différente de certains hommes politiques. Elle parle depuis un lointain bureau, répétant sans cesse la même chose, qu'elle n'a pas constaté elle-même, et dont elle ne maîtrise vraiment ni les tenants ni les aboutissants. Se demander qui remonte les informations pour les hommes politiques. Et surtout à quelle vitesse, au vu du temps que cela prend dans un système aussi restreint et équipé que le réseau RATP.

dimanche 16 juillet 2006

Résoudre un conflit

Entrer dans un conflit, avec franchise : prendre un mot de travers, se sentir blessé, sortir de la pièce, aller s'enfermer dans la salle de bain. Situation tendue, ressentiment de part et d'autre, absence de contrôle de soi. L'idéal pour se découvrir.
S'ouvrir au dialogue. Déverrouiller la porte, exprimer son ressenti, écouter l'autre. Savoir entendre ses arguments, sans forcément renoncer aux siens. Prendre en compte deux points de vue.
Agir concrètement pour prouver qu'on a compris, qu'on a su entendre. Retrouver son calme. Sortir du conflit avec une meilleure connaissance de soi, et de l'autre. Être fier de soi, fier de n'avoir été ni arrogant, ni moqueur, ni cynique, ni larmoyant.

Parfois, certaines choses doivent être dites. Parfois, le conflit est le seul moyen de les faire sortir. L'essentiel est de toujours garder ce reepect et cette attention qui rendent le dialogue possible. Et fructueux.

samedi 15 juillet 2006

Décrypter un peu de publicité

Aller dans un grand hypermarché. Le plus qrand possible. Carrefour par exemple. Prendre le temps de lire les messages matraqués à longueur de rayons.
Sur le dos des vendeurs : Puis-je vous aider... à mieux consommer ? Se dire que ça ira, merci. Plus tard, regretter de n'avoir pas pris la peine de lui demander en quoi cela consiste.
Au-dessus du rayon traiteur, un « service Carrefour » : Gagnez du temps avec notre sélection de recettes. Goûter l'ironie de la chose : comment gagner du temps dans ce temple labyrinthique dont le but est de nous capturer le plus longtemps possible, pour nous laisser le temps de « consommer mieux » ?

Rentrer chez soi, vidé. Passer engueuler l'abruti d'épicier du coin. Abruti... mais humain.

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