Mur blanc

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mardi 23 janvier 2007

Canevas

Cet ave moins que latin
Que tu laissas s'envoler
Mourût avec le matin
Qui nous vit nous recroiser.

Atteignant la perfection,
Tu libéras un sourire
Engourdi par l'inaction,
Qui n'osait pas s'épanouir.

Quand les routes se décroisent,
Il arrive qu'elles tissent
Une étoile que reboise
Un éternel armistice.

mercredi 25 octobre 2006

Message personnel

Il a 22 ans. Suis vieux, dit-il. Après un deug d'informatique, il s'est engagé dans une double licence mathématiques et informatique. Un tour de force dont il s'est tiré, au prix d'heures de travail sans nombre, en étant respectivement douzième (sur cent) et premier de promotion. Ses cours de l'époque sont fascinants : de grandes fiches cartonnées, rangées dans des pochettes plastifiées, dans un classeur. Ce qui lui permettait d'écrire sur les pochettes quand il révisait, au feutre, en préservant le cours original. Et puis il y a aussi le temps qu'il passait à travailler chaque partie. Vertigineux.

Alors il a décidé de passer les concours pour rentrer en école d'ingénieur. Il a manqué polytechnique d'une place, a été reçu aux ponts-et-chaussées et a refusé pour entrer à télécom paris. La même année que moi.

J'ai passé un an sans lui parler, ou presque. Je ne connaissais de lui que ses résultats scolaires, impressionnants - surtout dans les cours d'informatique. Il a fini deuxième de promo sur la première année. Sur 120. (Le premier étant un obscur colombien dont nous ne discuterons pas aujourd'hui.)

J'ai découvert récemment qui il était. Du moins, j'ai appris à le connaître un peu mieux. Il déprime sans discontinuer. N'a pas envie d'être ingénieur, n'est venu ici que pour avoir un bon diplôme bac+5 avant de faire un éventuel doctorat. Son stage de cet été fut une désillusion plus profonde encore : six semaines (prévues initialement pour être huit, mais écourtées) à s'ennuyer ferme sans rien avoir à faire, dans une entreprise à la bureaucratie insoutenable, ni reconnu ni écouté. Bref, stagiaire inutile.

Il parle de suicide. Tout le temps. A tel point qu'on finit par ne plus trop le croire. Sauf que... je me rappelle de l'enfant qui criait au loup. Et j'ai peur.

Je t'aime, espèce d'abruti. Alors n'essaye même pas de te pendre. Même pas en rêve. Je te choperais et je te buterais avant même que tu n'ais eu le temps d'essayer.

Faut pas jouer à ça. Pas avec les gens qui t'aiment. Pas avec moi, en tout cas. Compris ?

jeudi 12 octobre 2006

Attente

48 heures, déjà. Un peu plus, même. 48 heures, et l'insupportable sentiment de ne rien pouvoir faire. La bouteille a été jetée, et reçue. Il y a 48 heures.

Comme une ultime chance, un combat rhétorique, une subtile argumentation juridique étayée de son mieux. Comme un espoir auquel on s'accroche désespérément, en se disant que l'on a envisagé toutes les possibilités, que l'on ne peut pas se tromper. Tout est là, sur le papier, sur le clavier, dans les photons et électrons. Tout a été dit, tout a été fait.

L'information est partie. Elle papillone de service en service, oubliée ici, reprise ailleurs, débattue, confrontée, évaluée. Elle est difforme, elle choque, elle indifère, elle passione peut-être. Là-bas. Ici, il n'y a que le silence, et l'attente de la réponse.

Ils disaient non, sans hésiter. Ils ne disent plus rien. Signe, présage ?

Penser, c'est aussi dire non au non. Et faire dire oui ?

lundi 9 octobre 2006

Relativiser

Maître Eolas nous rappelle dans un texte magnifique qu'aujourd'hui est le 25ème anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France.

Peu importent, l'espace d'un instant, les soucis, peines et malheurs quotidien. Le temps d'une longue respiration, celle qu'il faut pour lire cette reconstitution bouleversante, on se dit que, peut-être, en quelque sorte, le monde avance. Lentement. À reculons. Comme effrayé. Mais qu'il avance quand même. Et qu'il faut bien, nous aussi, trouver la force d'avancer. Pour sauvegarder les progrès durement acquis par nos parents, et en offrir d'autres à nos enfants.

J'ai peur, mais j'avance quand même. J'avance... car j'aime.
(Barbara)

Rien n'est jamais donné à l'homme
(Aragon)

vendredi 6 octobre 2006

J'aime...

J'aime...

  • Le film Indigènes.
  • La Langue des Signes Française (LSF) et le silence qu'elle présuppose.
  • Marcher dans la nuit, pleurer, sourire, aimer.
  • Savoir signer marcher, nuit, tristesse, sourire, aimer. Et puis aussi bateau, voilier, forêt, colère, joie, fleur et bien d'autres...
  • Trouver l'espoir au fond des yeux de celle que j'aime. Même quand je suis perdu. Surtout quand je suis perdu.
  • Savoir que ça ne suffit pas. Mais avoir envie d'essayer malgré tout. Avoir envie d'y croire.
  • Écrire ce billet, ne plus trop savoir où j'en suis. Me dire que, finalement, je suis peut-être heureux.

mardi 8 août 2006

Cadeau

Pour ceux qui persistent à venir, bien que je leur ai dit qu'il n'y a rien à voir, une petite citation en cadeau :

En pleine angoisse, ne perds jamais espoir, car la moelle la plus exquise est dans l'os le plus dur.
Haffiz, Les gazhels.

PS : les utilisateurs d'agrégateurs RSS sont des tricheurs, mais comme je suis généreux, je leur offre aussi la citation.