Un petit exercice intéressant[1], que Souffleur de Brume pourra peut-être mettre à profit lors de son prochain week-end d'intégration.
Nombre de personnes : 3
Préparatifs : les trois personnes se placent en triangle
(logique) équilatéral (à peu près) d'un à deux mètres de côté (environ). Comme
pour discuter, en somme.
Déroulement : une personne est désignée arbitrairement pour
débuter. Elle se tourne vers l'un de ses deux partenaires, et lui demande Ça
va ?
; puis, sans attendre de réponse, elle se tourne vers l'autre et
lui demande : Et toi ?
. Chaque personne qui se voit demander ça
va ?
ou et toi ?
doit répondre bien
à la personne qui le lui
a demandé, puis à son tour poser la question aux deux autres.
Précisions : il est capital de mettre du dynamisme et de
l'intention dans la réponse. Si la question a été posée vivement, répondre
promptement ; tristement, avec affliction ; se tourner vraiment vers
celui qui nous a posé la question, lui répondre personnellement, comme si la
question était capitale. De même lorsqu'on pose la question aux autres.
Le lecteur mathématicien remarquera immédiatement la croissance
exponentielle du nombre de questions, puisque toute réponse
(bien
) doit être suivie de deux questions (ça
va
, et toi
). L'exercice est donc impossible. Et
pourtant, le lecteur comédien réalisera l'exercice sans difficulté. L'astuce
réside dans la présence d'éléments absorbants. Mais attention : il est
capital de ne pas faire exprès d'oublier des réponses. Un observateur extérieur
repérera immédiatement les tricheurs. Il faut être intimement persuadé que
l'exercice est possible : c'est là que la magie
opère.
Compter les questions ne sert à rien. C'est l'intention, l'implication qui compte.
Le gagnant est désigné par vote des spectateurs.
Si vous vous dites que l'exercice est sans intérêt, prenez le temps de trouver deux amis, et essayez-le pour voir. C'est extrêmement addictif.
Mise à jour : en réalité, on répond bien
et non
oui
comme je l'avais écrit initialement.
Notes
[1] Découvert en cours d'impro.

