Mur blanc

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dimanche 14 janvier 2007

Rêver qu'on meurt

Rêver qu'on meurt. Sous une forte tension électrostatique. Sentir la douleur, sous les côtes. La difficulté de respirer, le coeur battant à tout rompre. L'implacabilité du décès.

Se réveiller. Mettre une bonne minute à se convaincre qu'on est bien en vie. S'ausculter consciencieusement, vérifier son pouls, ses poumons. Se calmer lentement.

Savourer d'être toujours en vie.

dimanche 31 décembre 2006

Parler de la mort

Parler de la mort avec sa grand-mère. Parler d'avenir, de science, d'informatique et de mathématiques. D'Einstein, de pi et de l'indécidabilité du problème de l'arrêt d'une machine de Turing. Tenter d'expliquer, sans succès. Se demander ce que deviendra le monde, l'humanité. Combien de temps elle échappera au cataclysme qui la détruira --- s'il se produit.

Parler de la mort, avec quelqu'un qui risque manifestement d'y être confronté avant moi. Mais n'en a pas la moindre envie non plus, contrairement à son défunt époux. Celui qui pensait que le temps est venu et que, passé un certain âge, il est bon de fermer la porte.

Parler de la mort. En avoir un peu moins peur.

jeudi 9 novembre 2006

Cécité

Exercice en cours d'improvisation théâtrale : quatre personnes se déplacent dans une pièce, les yeux fermés, une main en contact permanent avec le sol (on peut changer de main à volonté). Le but, dans le silence le plus total, est de toucher les autres, sans se faire toucher soi-même (un contact avant-bras contre avant-bras conduit à une élimination mutuelle et instantanée).

Je me suis retrouvé dans les deux derniers. Grand silence. Là, brutale poussée d'adrénaline. Pourtant, aucun risque, c'est un jeu. Un simple jeu. Et pourtant, je tremblais, aux aguets, nerveux, inquiet, traquant le moindre bruit. J'avançais prudemment, ou bien faisait du bruit et puis bougeait loin et en silence. Finalement, je ne sais pas trop qui a gagné ; le contact a été presque simultané, mais je crois que c'est l'autre qui avait pris l'intiative. Peu importe.

Durant ces quelques dizaines de secondes de cécité, dans un silence glacé, seul avec mes peurs, craignant et recherchant à la fois un autre que je savais dans la même attente que moi, pour le détruire, il s'est passé quelque chose d'indescriptible. J'ai recommencé l'exercice ensuite, et j'étais plus calme, plus déterminé. Finie, l'exaltation paniquée de la première fois.

Une expérience à l'état pur de la peur de l'inconnu.

jeudi 12 octobre 2006

Avoir peur

Relever ses mails. Nouveau message. Envoyé à 11h11. Ca ne s'invente pas. Boule dans le ventre, sentiment de vide, de malaise. La réponse est là, je vais savoir.

Pas envie de cliquer sur ce foutu mail. Foutu pour foutu... bon, j'y vais.

A tout à l'heure.