Mur blanc

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Tag - photographie

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jeudi 19 avril 2007

Rater une photo

Elle était là. Sous la statue de Danton, métro Odéon. Elle était là, le soleil dans les cheveux, l'ombre du feuillage jouant sur son visage. Elle était là, avec son pantalon vert, ses vêtements légers. Elle était là à attendre une amie. Elle était là à lire En attendant Godot, dans cette petite édition à la couverture blanche, sobre, où le titre se détache idéalement. Elle était là, et j'avais mon appareil photo.

J'ai eu peur, je me suis détourné. Peur de déranger, de paraître voyeur, dragueur, que sais-je encore. Peur alors qu'il n'y avait là qu'un instant fugitif à saisir sans hésiter. Peur alors que déjà, mon esprit composait la prise de vue idéale, le moment magique. Les gens passant autour d'elle, elle lisant, en attendant, en attendant Godot. Cadrage vertical, focale 1,8 au 1/2000ème. C'était évident, limpide, magique... et je n'ai pas osé. Je me suis détourné pour prendre en photo cet abruti de vélo, accroché à la grille du métro. Abruti de vélo qui ne pouvait pas bouger. Le temps que je me décide, que je me retourne vers elle, son amie était là. Le livre refermé.

Je repense à une après-midi de septembre, dans les jardins du Luxembourg. Je repense à un couple en sursis qui lisait le règlement. Je repense à une photographe qui les dérangea à peine, juste pour leur demander le droit de les photographier. Je repense et m'interroge : faut-il capter le moment, sans rien dire, au risque d'être vu et que l'harmonie se brise ? Faut-il au contraire prévenir, demander, et tenter de recomposer, dans une pose nécessairement figée, la souplesse de l'instant qui nous a tant ému.

Je me demande comment faisait Doisneau. En prenant le métro, j'ai dans la tête une superbe photo... qui n'existera jamais.

lundi 31 juillet 2006

Randonner en Russie

Croiser un homme dans la rue. Lui indiquer un hôtel pour la nuit, en attendant son avion qui a été retardé. Entamer la discussion sur le bout de chemin que l'on parcoure à deux. Apprendre qu'il part randonner 15 jours, seul, autour du lac Baïkal ; qu'il part ainsi chaque été, depuis 6 ans, lorsque son entreprise ferme ; que sa copine le laisse faire, le comprend ; qu'il découvre ainsi le monde, et se veut également un exemple, pour montrer qu'on peut partir loin pour pas cher.

Son voyage, aller-retour, lui a coûté 500 €. Forcément, ce prix-là, il faut le chercher : par Air France, il en aurait eu pour plus de 3000 €. Sur place, très peu de dépenses. Il couche chez l'habitant, sous tente, dans des B&B ; mange pour trois fois rien ; assouvit ses deux passions, la randonnée et la photographie.

Ressortir plus riche de ces 5 minutes en sa compagnie que d'une heure à lire des guides touristiques. Rêver au Pérou, à la Russie. Se dire qu'un jour, peut-être... pourquoi pas ?

dimanche 30 juillet 2006

Changer le nom de son blog

Pour un souffle de liberté, c'est terminé. Place à Mur blanc.

Mur blanc, peuple muet...

C'est ce que j'ai lu, écrit à la bombe, d'une belle écriture cursive, un peu enfantine, sur un mur près de chez moi. Jolie phrase sur mur hideux. Assez jolie pour donner envie de changer. Juste comme ça.

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dimanche 23 juillet 2006

Reflex numériques

Quelques réponses à des questions récemment posées (lors d'une réunion de blogueurs) à propos des appareils photo reflex numériques :

  • Les objectifs spécialement conçus pour les numériques ont un recul des lentilles trop important pour pouvoir les monter sur un reflex argentique. Tenter l'opération est dangereux et risquerait d'endommager irrémédiablement votre appareil. A l'inverse, rien n'empêche de monter un objectif classique sur un reflex numérique (en prenant garde que l'objectif « rapprochera » plus que sur un argentique, voir ci-dessous).
  • Le capteur sur un numérique est plus petit qu'un capteur 24×36 argentique. Conséquence : à focale donnée, il faut appliquer un coefficient multiplicateur (1,5) pour obtenir la focale équivalente (en termes de grossissement) à un argentique. Exemple : un objectif 50mm sur un numérique correspond à un objectif 50*1,5=75mm sur un argentique.
  • En ce qui concerne les ISO sur un appareil numérique, il n'y a naturellement aucune modification physique du capteur quand on change la valeur (à l'inverse de l'argentique quand on change de pellicule). Ce qui change, c'est le traitement de l'image effectué par l'appareil après la prise de vue. Le rendu final de la photo dépendra grandement de la qualité de ce traitement, ainsi que de l'adéquation de la sensibilité choisie avec la luminosité ambiante.

Comme d'habitude, merci de signaler toute inexactitude ou précision complémentaire via les commentaires. Je transmettrai volontiers à mon photographe préféré (Serge Lenfant de Studio Raphaël) qui m'a fourni toutes ces informations.