Mur blanc

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jeudi 25 janvier 2007

Pierre qui roule...

L'abbé Pierre est mort. Partout, je lis : il a achevé son combat, il est parti au moment où il réussissait, les pouvoirs publics ont enfin compris, etc. Et, pour couronner le tout, j'entends le ministre proposer que la loi pour le logement opposable, cette comédie que nous joue le gouvernement à quelques mois des élections, porte son nom.

Quand je lis le blog de Frédéric Rollin, qui a consacré de nombreux billets à cette loi, tous très critiques ; quand je lis, en particulier, que le gouvernement vient de reconnaître que le « droit au logement opposable » ne sera qu’un faux semblant ; quand je pense à ces manipulations, à ces mensonges, à ces faux-espoirs qu'on donne à tous ceux qui n'ont pas de toit ; quand je pense à cette mémoire qu'on voudrait ainsi salir et humilier, celle d'un abbé dont on n'ose même plus rappeler qu'il croyait en Dieu, comme si cela dérangeait dans cette République laïque qui n'a même pas honte de ne plus savoir ce que charité veut dire...

j'ai envie de pleurer.

mardi 10 octobre 2006

« Penser, c'est dire non » (explication de texte)

Suite à l'afflux de requêtes (google) pour une explication de texte sur la célèbre citation d'Alain Penser, c'est dire non, voici, pour ne pas décevoir les internautes avides de savoir, une petite interprétation. Elle est personnelle et je ne suis pas plus professeur de philosophie que vous[1] ; ce ne sont donc que des pistes de réflexion, sans prétention à une quelconque vérité.

Notes

[1] Si vous êtes professeur de philosophie, je serais honoré de recevoir vos commentaires.

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vendredi 28 juillet 2006

LQR, la propagande du quotidien

Par Éric Hazan chez Raisons d'agir
ISBN 2-912107-29-6

Quatrième de couverture :

De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les « 20 heures » des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s’installe : plus elle est parlée, et plus ce qu’elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l’une des armes les plus efficaces du maintien de l’ordre. Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d’essorer les mots jusqu’à ce qu’ils en perdent leur sens, son exploitation des « valeurs universelles » et de la « lutte antiterroriste ». Désormais, il n’y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d’exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C’est ainsi que la LQR substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.

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mardi 25 juillet 2006

Chasser le naturel

Décider un matin que l'on ne s'énervera pas, que l'on ne criera pas, que l'on sera patient. S'imposer de ne pas élever la voix sur un enfant. Juste pour voir.
Découvrir que d'autres méthodes existent. Tester l'humour et la douceur, la persuasion et la rhétorique. Se sentir mieux, plus calme, plus serein.

Mais la journée passe, la fatigue arrive, les enfants s'excitent. Et l'on se remet à crier. Parce que, même si ça ne résout rien, c'est tellement naturel ; on se sent puissant, autoritaire, supérieur, alors même que l'on vocifère dans l'indifférence enfantine.

Comprendre les CRS qui tapent dans les manifestations, et tous les autres dans la même situation. Comprendre, et regretter.

mercredi 12 juillet 2006

Séparer l'ombre et la lumière

Les enfants sans chapeau : à l'ombre. Les autres peuvent aller au soleil. De cette règle individuelle, maintes fois répétée à chacun, émerge une organisation.
Double dichotomie - ombre ou lumière, tête nue ou couverte - qui, dans le bref instant où la règle est respectée, structure l'espace, classe les individus. Surveillance, pouvoir, punition. C'est pour leur bien...

Lecture conseillée : Surveiller et punir, Michel Foucault.